dimanche 13 octobre 2013

crèche vs mosquée : le faux problème

Le dernier Conseil Municipal du 11 octobre a été marqué par la situation conflictuelle créée par un projet de délibération concernant l'achat de parcelles bâties et le lancement d'une déclaration d'utilité publique ( DUP) donnant le droit d'exproprier en vue d'un construction de crèche sur ces parcelles, à Nice La Plaine, dans la basse vallée du Var. A priori la délibération aurait semblé assez "innocente", mais de fait elle était particulièrement vicieuse. Ce que les textes, ni du projet de délibération, ni des annexes, ne précisaient, c'est que ce bâtiment à transformer en crèche, et les parcelles, étaient la propriété d'un "homme d'affaires" saoudien, que ces locaux étaient actuellement mis à disposition d'un collectif d'associations musulmanes et enfin que ces associations avaient initié un projet de "mosquée" dans ce bâtiment.
Pour en avoir longuement parlé avec des musulmans très modérés, il faut entendre par mosquée, non seulement un centre de prières, mais aussi un centre associatif, lieu de rencontres et de débats, tout comme les maisons communautaires juives par exemple.
Le refus du maire et de ses troupes, signifié de façon aussi cauteleuse, a de quoi surprendre ….

Mais ici, à ce problème récurrent d'implantation de lieux de culte musulman, se superpose un autre point conflictuel : l'aménagement de la basse vallée du Var.
La crèche, que l'on oppose avec une formidable hypocrisie à une "mosquée", se situerait à 200m d'une crèche existante .. et théoriquement "anticipe" les besoins d'une séquence programmée de bétonnage dense de l'OIN : l' éco-quartier Nice Meridia.

EELV ne voulait pas s'interposer dans le débat en cours sur les "salles de prière" mais nous avons néanmoins tenu à envoyer le bref communiqué que je retranscris .. car un débat peut en cacher un autre. Nous sommes bien évidemment en campagne électorale et tous les moyens sont bons, y compris la mauvaise foi.

Communiqué du 10 octobre :

"A la suite des déclarations du maire et au vu du contenu de la délibération 5.7 présentée au conseil Municipal du 11 octobre,  Europe Ecologie tient à préciser sa position.

La réalisation d'un lieu de vie et de culte, dédié aux pratiquants musulmans de Nice et au delà, est une priorité sociale, et un manquement flagrant à la loi, étant donné l’absence de tout équipement décent de ce type, alors qu’on dénombre plus de 100 000 musulmans dans les  Alpes Maritimes.

EELV rappelle son attachement au respect d’une république laïque telle qu’elle est définie depuis 1905, et signale le scandaleux retard pris par Nice sur ce point par rapport aux grandes villes de France.

Opposer par le biais de la délibération proposée au Conseil du 11, la construction d’une crèche à la réalisation d’un lieu cultuel est une double aberration :

-    Aberration morale car elle renvoie les pratiquants musulmans dans les « caves ».

-    Aberration urbanistique, aussi. Cette crèche est censée anticiper les besoins d’un futur « éco-quartier ». Or, rappelons que par définition, un éco-quartier intègre la totalité des services dont ses habitants ont besoin : santé, enseignement, commerces et bien sûr, équipements de la petite enfance. C’est à Nice Meridia qu’une crèche neuve doit être programmée !!! Il est temps que le terme d’éco- ne recouvre plus des coquilles vides.

Nous refuserons cette délibération malsaine et qui ne répond pas aux vrais besoins des niçoises et niçois. "

L'opposition a donc voté contre la délibération après avoir subi un interminable et violent soliloque du maire, très irrité par l'interpellation du conseille PS Razak Fetnan, qui plaidait avec une passion certaine , le droit à la liberté de pratiquer à Nice, le culte de son choix.

Je terminerai en précisant que je suis athée et donc ne plaide que pour une politique de réelle laïcité et d'équité.... ce qui est loin d'être le cas à Nice. Il faudra revenir sur ce point.

vendredi 11 octobre 2013

Parcs et jardins : les fermer ou pas ?

Le Conseil municipal de Nice a adopté aujourd'hui un document intéressant et important : la Charte des Espaces Verts de la ville de Nice.

Je suis intervenue car je reste convaincue que pour la plupart des parcs et jardins les lourdes grilles de fer et leur corollaire la fermeture la nuit est une erreur. Pourtant la ville n'a pas su - depuis longtemps - gérer un personnel "médiateur", qui par des explications et actions modérées, aurait pu convaincre les utilisateurs que les parcs sont un bien commun précieux et qu'il ne faut pas les confondre avec des sites pour barbecue ou activités encore plus dommageables. Si bien que ces grilles et les fermetures sont parfois plébiscitées.

Voici mon intervention .. qui a entraînée de longues digressions sur la sécurité.


"Cette mise à jour de la charte des parcs et jardins de la ville est la bienvenue.

J’ai apprécié le rappel au « savoir vivre ensemble » que constitue ce texte et espère que la presse s’en fera largement l’écho ainsi que, pourquoi pas, les écoles et centres aérés..

J’ai aussi apprécié que soit acté le bannissement des herbicides et insecticides, que les aires de jeu des petits enfants soient –théoriquement du moins – préservées de ce qu’il est convenu d’appeler les pollutions canines.

Il y a un point cependant qui me gêne beaucoup et que j’avais évoqué ici pour la Promenade du Paillon : les horaires de fermeture. Car la majorité des parcs et jardins étant clôturés, ils sont ouverts le matin et fermés le soir.
Il y a un effort dicté par le tourisme sur le Paillon et en été , à la sortie des spectacles et restaurants les niçois comme les touristes pourront s’y attarder jusqu’à 23h sauf pour la très grande portion qui va du théâtre jusqu’à la traverse Dunkerque-Flandres après le Lycée Masséan qui inexplicablement est fermée à 22h …

Mais les parcs ne sont pas là pour les touristes exclusivement (ils sont là pour embellir et aérer la ville certes, mais essentiellement pour apporter aux habitants la nature dans la ville et en été, ombre et fraîcheur.)

Lorsqu’on habite dans des ensembles immobiliers dépourvus de jardins, pouvoir se balader, s’asseoir, respirer un peu dans un parc ou jardin, la nuit tombée peut être un vrai plaisir pour les citadins. C’est aussi un des seuls moyens de lutter contre les dangers de la canicule. Or la quasi totalité des parcs et jardins ferment à 20h alors que le soleil brille encore, pour certains la fermeture est même prévue à 19h et pour deux parcs, la Clua et les Tripodes, on va même jusqu’à programmer la fermeture totale tout le mois d’août .. On peut légitimement se poser des questions.

Alors j’ai demandé à des collègues élus dans des grandes villes quelle était la politique menée en ce domaine. Pas mal de villes ferment – hélas – leurs parcs la nuit, la plupart à 21h, certaines à 20H. Mais il y des exemples éclatants qu’une autre politique est possible. Je vous en citerai 2 :

Dijon : 700 ha d’EV : 15 parcs et 80 jardins, splendides car hérités d’une longue tradition historique. Seuls sont fermés à 22h en été les quelques parcs qui renferment de petits zoos. Depuis que les parcs sont ouverts, de substantielles économies sont réalisées car il n’y a plus de gardiennage à financer et divine surprise : moins de vandalisme. Comme si la population s’était appropriée les lieux.

Paris : là aussi, immense patrimoine végétal en pleine ville et dans les banlieues, fermé vers 21h30 sauf quelques espaces ouverts comme l’Esplanade des Invalides. Il y a 2 ans, la mairie à décidé d’une démarche expérimentale : et la moitié des parcs a été laissée ouverte 24h/24. Une des motivations a été d’utiliser les parcs dans la lutte contre les effets de la canicule. Après un premier temps la proportion des parcs ouverts a été ramenée à 25% et la mesure donne satisfaction.

A mon humble avis, si Dijon et Paris arrivent à pratiquer l’ouverture des parcs nous devrions y arriver."

Une nouvelle cuisine pour la restauration scolaire : rien avant 2018!!!

Aujourd'hui au Conseil municipal nous avons voté pour le lancement d’une opération de reconstruction de la cuisine centrale. La cuisine centrale est un énorme laboratoire que la ville pilote en régie et qui confectionne tous les repas des cantines scolaires, des crèches et des centres aérés. Cet équipement nous a été laissé par la Sodhexo dans un état de délabrement très inquiétant pour nos enfants et franchement scandaleux.

C'est un sujet qui me touche et j'ai  tiqué sur l'échéancier : l'équipement - qui coûtera 26 Millions -  ne sera prêt qu'en 2018 voire 2019 !!!!

Je suis donc intervenue sur ces points. Je recopie mon intervention, avec en italiques quelques remarques supplémentaires


Tout d’abord je tiens à remercier les directeurs des services concernés qui , à l’issue de la commission permanente, ont accepté de me présenter les projets en cours et d’expliquer les différents problèmes à résoudre. Cette marque de confiance m’a touchée, tout comme leur extrême dévouement lors du lancement de la régie. Qu’elles et ils soient tous remerciés du sommet de la hiérarchie aux nombreuses petites mains car une partie du bien être de nos écoliers est entre leurs mains.

Après la mise en régie, et un audit montrant le déplorable état des lieux  la nécessité de reconstruire la cuisine est devenue une évidence
De toutes façons l'équipement a 25 ans, âge moyen de survie de ce type d’équipement. Sa maintenance aux normes de fonctionnement actuelles coûte très cher. Autant repartir à zéro.
Je rappellerai que le fonctionnement en liaison froide est très cher, très énergivore, et induit une forte empreinte écologique : (on reçoit froid, très emballé, on cuit, on refroidit, on réemballe, on transporte froid et on réchauffe sur les 110 sites de consommation)

Parallèlement la mise en oeuvre en régie et la montée en charge du bio nous ont aussi montré les difficulté qui n’étaient pas faciles à appréhender d’emblée en 2009 :
- Servir 24 000 repas jour impose de passer par des revendeurs et même des grossistes qui sont je dois dire, un club restreint . Ces grossistes ne sont pas forcément bio et encore moins « localistes »
- L'absence de banc de préparation de légumes et 22 000 rations quotidiennes  ne permettent pas d’acheter des légumes frais, sauf à la marge un peu de tomates en été. Ce sera amélioré dans la future cuisine
- De toutes façons nous ne pourrons pas trouver ces denrées localement ; par ce qu’il a une très petite production et en outre rarement bio

Je voudrais traiter deux points : le bio et les modalités de la reconstruction

•    Le bio :
Nous en sommes à un peu plus de 25% . C’est bien. C’est mieux que les prescriptions du Grenelle (20%°). Mais il reste tout de même 75 de non bio donc toujours plein de pesticides et autres reprocides dans les assiettes de nos enfants.
Je signale que suite à mes demandes dès le tout début les aliments bio sont fournis toute l'année : les yaourts, les pommes, le riz, les pâtes sont toujours intégralement bio, une partie de la viande est bio sinon elle est labellisée Label Rouge. Chaque jour un aliment bio est proposé aux enfants.
 

Et on me dit qu’il y  deux freins : le prix et l’approvisionnement. Eh bien je dis que les deux problèmes on peut les résoudre et que C'EST UN PROBLEME DE CHOIX POLITIQUE

•    Le prix du bio : les aliments bio sont plus chers et c’est normal. Pour de la viande de qualité cela peut passer du simple au double. Mais lorsque j’ai demandé de chiffrer ce surcoût  pour un an de fonctionnement : 200 000 € ? plus ? je n’ai pas eu de réponse. Je suis persuadée qu’en supprimant un ou deux évènementiels inutiles – je pense aux « extreme sailing series » par ex, et autres sponsoring, on arriverait facilement à progresser en bio
•    La rareté du bio et des productions locales: (de mon point de vue acheter une poire en Argentine en août est hérétique, mieux vaut une pomme locale non bio bien lavée, c’est meilleur pour la planète). Le bio et le local sont rares parce que les terres agricoles périurbaines de Nice sont rares et que tout est fait pour décourager les jeunes agriculteurs désireux de s’installer ici en bio.
C’est un débat récurrent ici et à la métropole. PLU après PLU je vois les belles terres maraichères en bordure du Var se couvrir de béton : à la gaude, à St Laurent, à Carros, et entre Entrevaux et Puget Théniers des vergers florissants sont à l’abandon … Continuons … mais faire les effarouchés est de la pure hypocrisie.

•    Les modalités de la construction : Comment reconstruire l’UCP ?

J’avais demandé pratiquement dès le début que l’on étudie une reconstruction de non pas une cuisine mais , mais 2, ou plus. Il semblerait que du fait que nous fonctionnons en liaison froide, cela soit très difficilement réversible. En tous cas l’étude pour 2 cuisines a été faite et a montré une explosion des coûts (je cite la directrice) Dont acte.
Aller plus loin relèverait de la théorie  et du débat de campagne électorale puisque cela reviendrait à hiérarchiser les grands équipements. Chacun les siens. Avec une grande coulée ou un abattoir au sang neuf on peut faire deux cuisines. Avec un tram souterrain dix …

J’arrêterai là .. mais si on l’avait vraiment voulu, la nouvelle cuisine serait prête bien avant 2018.

Mais mieux vaut tard que jamais et nous voterons cette délibération et participerons au jury de bon coeur

mercredi 11 septembre 2013

Le prix d’une vie à Nice : limites de l’autodéfense


Tous les media se sont faits largement l'écho du drame survenu en plein centre de Nice. Une bijouterie, bien modeste (nous sommes loin des richesses cannoises), située tout près de l'avenue Jean Médecin, a été braquée par deux jeunes armés. C'était la deuxième fois en dix mois et je comprends l'exaspération et la peur du commerçant (J'ai moi-même subi un cambriolage et vandalisme poussé de ma maison et c'est une épreuve majeure). Mais je ne cautionne plus du tout la suite des évènements : le bijoutier a poursuivi les deux cambrioleurs, a fait usage de son arme à feu et atteint de deux balles dans le dos le jeune braqueur qui est décédé dans la rue. Les réactions des hommes politiques de droite sont à vomir : tous dans l'invective du gouvernement et des "voyous" et ils tolèrent sur leurs pages face book et autres réseaux sociaux, des discours immondes.
 
Pas un mot sur le jeune mort, pas un mot de compassion ni sur lui, ni sur ses parents à qui je présente ici mes condoléances et le souhait qu'un jugement équitable soit rendu rapidement.

Le contribuable niçois a financé un réseau coûteux, très dense, de vidéosurveillance, nous avons une armada de policiers municipaux, des discours martiaux sont tenus en toute circonstance .. mais durant la présidence précédente le nombre de policiers de "la nationale" a diminué, les commissariats de quartier ont disparu. Je ne vois pas comment en un an le gouvernement pouvait "remailler" tout le système.

J'ai envoyé un court communiqué à la presse - et le partage ici :

Je condamne – avec l’ensemble des militants d’EELV - l’agression dont la bijouterie La Turquoise a été victime. Mais je condamne, aussi, fermement, le recours aux armes du commerçant qui, de victime est devenu  - malgré lui – un meurtrier.


Ainsi à Nice on peut être abattu, à 20 ans, par deux balles dans le dos au nom de la justice ? Mais quelle justice ? De simples citoyens se sentent autorisés à utiliser des armes à feu et certains prennent leur défense. Quel est pour eux le prix de la vie d’un jeune homme de 20 ans, fut-il un cambrioleur, pris dans une dérive dont la société est collectivement responsable ?

 
Toute forme de violence est condamnable, mais ici nous sommes devant le résultat d’un climat entretenu et de fait justifié par l’attitude des élu-es de la droite locale. Il n’est que lire les pages des réseaux sociaux pour y découvrir des torrents de haine et de réaliser l’empoisonnement de notre société par les discours va-t-en guerre qui prévalent à Nice depuis des mois. Nous assistons aussi à la faillite du système tout-surveillance-tout caméra que nous avons dénoncé maintes fois.

 
Dans toutes les réactions exprimées je suis étonnée de voir que personne ne se pose la question de savoir si pour défendre ses biens, un citoyen est légitimement fondé à faire usage d’une arme à feu.

 
Nous appelons à la révision de la législation de la détention d’armes par les citoyens et espérons que les autorités judiciaires sauront rappeler à TOUS (braqueurs, victimes et élus) le droit, tout le droit.

vendredi 21 juin 2013

Grandes surfaces commerciales - que faire de Cap 3000?

Chacun-e a pu découvrir dans la presse locale au fil des semaines : l'annonce triomphale d'Estrosi sur l'implantation d'une énorme filiale d'IKEA tout contre le grand stade sur la plaine du Var. Si vous avez accès à la presse de l'Ouest du var, vous avez appris la construction d'un grande surface conséquente "le Polygone (avec Le Printemps)" sur la "pénétrante" de Cagnes sur Mer (artère chroniquement engorgée), jouxtant l'incongru Casino Terrazur

Aujourd'hui au conseil métropolitain, nous devions nous prononcer sur le doublement de la surface du centre commercial "Cap 3000" ainsi que sur un invraisemblable entrelac de routes, trémies et rond-points pour "alimenter", exclusivement en mode tout voiture le-dit centre.

Autant vous dire que j'ai voté contre, sans état d'âme… hélas, pas les copains du groupe, tétanisés par la perspective très floue de 1300 emplois que fait miroiter le dossier.

L'inflation des grandes surfaces commerciales en zone périurbaine n'est pas un fait isolé. C'est à mon avis un point important à aborder dans le futur programme métropolitain pour la prochaine mandature nous devrons envisager à EELV.

Je recopie le texte de mon intervention :

"On nous présente et sanctifie ce projet parce qu’il créerait 1300 emplois.
Peut-être …
et pourtant des études fort sérieuses ont montré que le commerce de proximité a une capacité à créer des emplois plus importante que la grande distribution : on trouve environ 4 fois plus de postes de travail dans le commerce traditionnel pour la même surface de vente.
La France est, en Europe, le pays où le commerce de proximité détient la plus faible part de marché des différents circuits de distribution : 6% seulement, contre plus de 35% en Italie, en Espagne et aux Pays-Bas.
C’est une spirale qui pousse l’emploi vers le bas : encore plus d’emplois de vendeurs peu payés, moins de petits commerçants, gérant de leur propre boutique.
 
Les centres-villes ont besoin de commerçants et pas seulement de banques !!
C’est particulièrement visible dans le centre de Nice.
 
Outre cette dévitalisation progressive des centres urbains azuréens, la construction de multiples grandes surfaces commerciales (Cap 3000, Ikea, Le printemps) est à mes yeux le symbole d’un mode de vie que je récuse. Nous devons rêver autre chose pour nos enfants que la sortie hebdomadaire dans un « shopping mall » à l’américaine, autre chose pour notre société en crise qu’un consumérisme aveugle et acculturé.
 
Dans un autre ordre d’idée, ce qui me gêne tout autant c’est que cette plateforme artificielle surplombe un site unique, classé Natura 2000, l’estuaire du Var avec ses roselières et leur riche avifaune. Pour protéger la plateforme commerciale on va construire une digue conséquente, corsetant encore plus l’estuaire. Quelles seront les incidences environnementales de cette construction, celles des nœuds routiers qu’il est question de réaliser pour « alimenter » le centre commercial, celles des nouvelles constructions au ras du rivage ?

A en juger par le quotidien local, les accords commerciaux sont passés et donc le droit de bétonner une zone déjà bien abîmée, est tacitement accordé, vidant de sa substance toute étude d’impact future.
Pour toutes ces raisons, que vous allez récuser avec enthousiasme, je voterai CONTRE ce projet."

Refus de parole sur le PLU de la Gaude au Conseil métropolitain

Les bonnes pratiques du Conseil Métropolitain perdurent. Ayant omis de lever la main parce que je consultais mes notes, le maire -président non seulement ne m'a pas donné la parole mais a refusé de prendre en compte mon vote "contre" lors de l'adoption du PLU de La Gaude.
Les qualificatifs pleuvent : khmer vert, psychorigide ...
Les bonnes pratiques perdurent aussi de PLU en PLU et le conseil acte sans sourciller la mort des terres maraîchères de la plaine du Var
Mon intervention s'inscrit dans une longue suite de luttes politiques et associatives pour préserver les terres maraîchères sans prix dont les productions sont connus dans toute la France. Je suis intervenue avec Annabelle Jaeger (conseillère régionale siégeant au CA de l'Etablissement Public d'Aménagement de l'OIN) sur les enquêtes publiques, puis directement auprès du Préfet lors d'une entrevue,
Elle s'inscrit aussi dans une bataille tenace pour obtenir une évaluation globale (et honnête) des incidences de TOUS les projets en cours sur la zone Natura 2000 de la basse vallée du Var. Sur ce point Annabelle et moi avons récemment saisi la Commission des Pétitions du Conseil de l'Europe pour mise en danger de ces sites.
Voici donc la courte intervention que je n'ai pu faire. 

"Ce PLU que j’avais contesté ici et lors de l’enquête publique nous revient donc en version corrigée.
Indéniablement il y a eu prise en compte d’un certain nombre de demandes :
    •    ainsi certaines zones agricoles ridicules  car incultivables sont redevenues des zones naturelles
    •    La dénomination zone naturelle Olivier a été également un peu rationalisée, et la porte ouverte à toute construction supprimée sur ces terrains, mais les pentes de la Cagne restent néanmoins menacées
    •    Des classements abusifs en zone constructible ont été supprimés par le Symenca
MAIS grâce à une modification antérieure du POS le point noir du transfert du MIN sur les terres maraichères de La Baronne, a été acté , avec tout son cortège de nuisances, lors du précédent conseil métropolitain.
Je ne vais pas répéter mon intervention, mon opposition reste intacte.
Je voudrais néanmoins vous rappeler ou vous informer sur un point :
En décembre 2012, le CG a pris une délibération pour proposer des terres à vocation agricole en compensation de celles cédées par le même conseil pour le déplacement du MIN, du CREAT, de la chambre d'agriculture. Ces « compensations » sont une plaisanterie. Ce sont :
-à Levens, des terres en colline non cultivables,
- à Gilette, des carrières à gravier et d'un bout de garrigue sur des débits solides du Var, le tout jouxtant l'usine de La Mesta classée Seveso seuil haut, l'endroit idéal pour faire du bio. (En tous cas il y a une jurisprudence vallée de la Siagne avec annulation du projet de SCoT sur déféré préfectoral...)
Cette délibération de décembre 2012 a déjà fait l'objet d'un recours gracieux par le groupe PS au CG.

Il est évident que nous ne voterons pas l’adoption de ce PLU"

Voilà, je ne l'ai pas dit mais ce sera écrit  ;-)

lundi 3 juin 2013

OIN Basse Vallée du Var : le greenwashing

Aujourd'hui Conseil Municipal. Deux thèmes à l'ordre du jour : la modification n°2 du PLU, et les finances avec le compte administratif, la gestion de la dette et les emprunts toxiques.

Comme d'habitude, longuissimes péroraisons du maire, très mauvaises manières avec la conseillère communiste, considéré de nouveau comme indigne d'être élue de la République parce qu'elle avait manifesté à côté de ROMS chassés d'un squat (je reviendrai sur ce sujet).

Nous avons bien évidemment voté contre le compte administratif qui dissimule plus ou moins habilement le fait que notre endettement s'accroît : le montant de la dette est un peu plus élevé qu'au début de la mandature alors que 80% des compétences et des dépenses qui leurs sont affectées sont transférées à la Métropole et que nos impôts locaux ont été augmentés de 17% dès 2009.

Je suis intervenue sur l’une des modifications du PLU portant sur les "écoconstructions" de "l'écoquartier Nice Méridia" situé sur la rive gauche du Var, et censé être une radiation phare d'urbanisation dans le cadre de l'OIN basse vallée du Var…. dans la droite ligne de ce que je dénonçais le lundi précédent en conseil de Métropole. Je recopie cette partie de mon intervention :

"Le texte de la page 21 de l’additif au rapport de Présentation du PLU concerne Méridia, et le dispositif concernant les toitures  est maintenu dans la nouvelle rédaction. Or il stipule, je cite :

«  60% minimum de la surface des toitures doit être affecté à des équipements de production d’énergie renouvelable, OU à des toitures végétalisées OU à des dispositifs permettant la récupération des eaux pluviales »

Le moins que l’on puisse dire est que ce texte est inutilement restrictif pour une écovallée et un écoquartier : Pourquoi se limiter à 60% de la surface des toitures ?
Et surtout pourquoi considérer que les différentes techniques envisagées sont exclusives l’une de l’autre ? et de plus pourquoi occuper les toits pour la récupération de l’eau de pluie exclusivement d’autres équipements ? Si vous végétalisez un toit, vous pouvez le faire sur 60% de la surface et mettre au point un système de drainage qui récupérera de l’eau de pluie ET implanter les panneaux solaires thermiques nouvelle génération sur le reste du toit qui pourvoiront l’eau chaude sanitaire et un complément appréciable de chauffage central. Si vous ne végétalisez pas, les 100% de la surface permettraient de faire appel à du photovoltaïque et du thermique. Bref on n’est pas dans le l’écoconstruction prospective.

Donc serait-il possible de changer les Ou en  ET/OU ? et  le 60% en 100% ?
Sinon je trouve que c’est inacceptable et que le label ecoquartier perd en crédibilité.

Toujours à propos de Meridia, j’ai lu avec intérêt le rapport de Gaïadomo sur les incidences du projet sur la zone Natura 2000 (située à 750 m de la limite ouest du projet) et – je recite :
« En phase exploitation, ce projet sera implanté en grande partie sur des friches agricoles. Celles-ci permettent actuellement à une partie de l’avifaune de se nourrir. L’impact sur les cibles de conservation est donc indirect mais non négligeable. Néanmoins cet impact pourra être partiellement réduit si l’on veille à maintenir une surface importante d’espaces verts ».

On en revient au point que j’ai soulevé lundi dernier, lors du conseil le la Métropole :  ce sont les effets CUMULES qui devraient être pris en compte. Des dizaines d’hectares de zones de nourrissages disparaissent : les 23 ha du site du stade, les 21 de La Baronne etc .. Et des espaces verts urbains même très agrestes ne nourrissent pas certaines espèces comme le grimpereau des jardins, la Bouscarle de Cetti et autres Pouillot véloces, espèces non inscrites sur la fameuse Annexe 1, et nous risquons ainsi une inquiétante perte de Biodiversité. C’est exactement ce que je vous ai dit à propos de La Baronne, je le redis. .. même si vous considérez que ce sont des propos de khmère verte… et au fond je prend ça pour un compliment, à force."
 
Bien évidemment on m'a répondu que le OU n'était pas restrictif, qu'il ne fallait pas décourager les entreprises du bâtiment en étant trop exigeant et que si elles le proposaient elles pourraient équiper 100 % des surfaces de toit….
Je les rencontre justement cette semaine les entreprises du bâtiment lors d'un débat qui traitera entre autres de "Le dilemme de l'élu : Rigueur/investissement". Très curieuse de voir et entendre ;-)