samedi 12 novembre 2011

La saga de la Libé - ça avance .. enfin

Parfois,malgré l'ambiance politique et sociale plutôt déprimantes, il y quelques moments où une élue peut se dire : yesss!!! on va y arriver.

Depuis le jour en 2001, où nous avons convaincu Mme Tasca (merci Patrick et Simone), alors ministre de la culture, de préserver la façade de l'ancienne gare du Sud, une longue suite de luttes et péripéties m'a fait craindre de ne jamais voir cette restauration.

Cette semaine, à la commission des appels d'offres, j'ai eu l'intense satisfaction de découvrir le projet final du lauréat du concours et les offres des différents corps de métier du chantier de réhabilitation. Bien sûr je ne ne peux rien dire sur les offres elles mêmes mais je peux vous faire part de mes impressions sur le projet qui nous a été présenté par le maître d'oeuvre.

Et la satisfaction était double: la restitution à l'identique des façades et volumes, sous la houlette de l'architecte des Monuments historiques, se double d'un aménagement intérieur en bibliothèque pour le quartier intelligemment conçu. Cerise sur le gâteau, et fruit de 3 années d'efforts de votre servante avec les services, le cahier des charges inclut un document de 20 pages de clauses environnementales stringentes : traitement des déchets, qualité et éco-labellisation des matériaux, application de la Charte Chantier vert. Malgré les difficultés inhérentes au bâti ancien et dégradé, l'isolation thermique et le traitement de l'air intérieur sont aussi particulièrement soignés. Enfin, il est fait obligation à toutes les entreprises de participer à l'insertion professionnelle des personnes en difficulté.

Quelques détails :

Le grand hall est conservé avec ses grandes colonnades en faux marbre et ses volumes mis en valeur par des jeux de lumière. Il servira de passage entre la place de la Libé et la grande halle. Grâce aux techniques de restauration d'artisans locaux, le carrelage polychrome, ocre et rouge, très "belle époque" sera intégralement restitué. Pour l'avoir parcouru récemment, entre des montagnes d'immondices, des cadavres de rats et de pigeons, je peux dire qu'il revient de loin.

Une des salles de lecture se situera au dernier niveau du bâtiment central, sous la grande verrière. Le lecteur aura une vue sublime des toits de Nice jusqu'à la mer et les collines. Et là aussi le sauvetage est d'importance car actuellement dans ce volume ce ne sont que gravats, herbes folles et même un petit figuier.

Il y a aura aussi une belle salle de réunion au rez de chaussée à disposition des associations du quartier.

Et toute cette belle réalisation coûtera beaucoup moins que la reconstruction de la halle confiée au privé et que nous rachetons nue ... ce qui m'amène au point noir de cette résurrection.

La halle et le bâtiment de la gare doivent se raccorder, et avec beaucoup de précision. Avant cela la gare devra résister aux effets secondaires de l'excavation du parking souterrain. Cela suppose une étroite concertation entre les deux maitres d'oeuvre qui pour l'instant n' est consignée sur aucun document ... ce qui a été demandé évidement.

Il faut attendre maintenant que les offres soient étudiées, notées, classées et les marché attribués. C'est un processus un peu long et il peut y avoir de mauvaises surprises. Mais nous devrions assister aux premières interventions à la fin de l'année et la toute première sera - enfin - le bâchage du bâtiment actuellement ouvert à tous les vents. Ce sera un vrai cadeau de Noel.

jeudi 6 octobre 2011

Le tram niçois à un milliard

L' intervention que j'ai rédigée sur le calamiteux projet de la ligne 2 du tramway pour le Conseil Municipal de ce vendredi 7 Octobre. Peut-être ne pourrai-je aller jusqu'au bout (on peut très facilement nous couper le micro) ou que les orateurs précédents auront déjà exprimé une partie de ces arguments. Mais c'est ce que j'aurai préparé.


Le métro-tram à 1 milliard : une aberration technique et économique

Ce sera la décision la plus importante de cette mandature par son importance structurante et surtout par le chiffre annoncé puisqu’il équivaut à 3 fois le stade.

Pour une élue écologiste une liaison ouest-est bien pensée, en connection avec les TCSP existants est le seul moyen d’absorber les flots de véhicules qui transforment la promenade en autoroute urbaine lente et polluent constamment l’air que respirent nos enfants.

Donc, après le retrait stratégique du tram translucide sur la prom, j’étais pleine d’espoir sur le nouveau projet.

Hélas, nous avons découvert une chimère, un hybride car on crée l’infrastructure d’un métro pour y faire passer un simple service de tramway et ceci a un coût, exorbitant, et cumule des inconvénients qui à mon avis l’emportent sur les points positifs. .. car je reconnais des points positifs.

Mais les failles techniques et fonctionnelles du dossier me semblent rédhibitoires. Je ne m’attarderai que sur les plus criantes :

- le terminus Est : que le trajet soit aérien ou souterrain, il nous apparaît inconcevable que la ligne s’arrête au port avec comme seule intermodalité les ferries pour la Corse. Le prolongement jusqu’ à la place Blanqui devant la gare de Riquier est indispensable. Il doit se concevoir dans la dynamique de l’actuelle concertation en cours sur la ligne LGV, comme un petit pôle d’intermodalité qui desservirait tout un quartier.

- Les correspondances avec la ligne 1 : pas de correspondance quai à quai avec la ligne 1 ni à Nice Etoile, ni à Garibaldi

- La distance entre les deux stations de l’hypercentre : 970 m, près de 1 km autant dire que tout le quartier est mis à l’écart du tram.

- Les nuisances de la construction en souterrain sont habilement escamotées. La luxueuse notice et les aguicheuses vidéos ne montrent jamais la réalité de la fosse qu’il faudra creuser pour descendre le tunnelier et des rampes d’accès à cette ou ces fosses pour la noria de camions emportant ces milliers de m3 de sol et apportant le béton. Les jardins d'Alsace Lorraine et Durandy vont être durablement abimés.

- LE COUT : Le coût du projet présenté s’élève à 780 millions €, hors aménagement et frais connexes évalués à 30% par les services de NCA. Les coûts réels de la ligne excéderont donc le milliard d’€uros pour une ligne de tramway de 11.3 km : le km posé de tramway le plus cher de France!

Le choix de cette solution hybride cumule tous les inconvénients d’une solution en tramway (capacité moyenne, vitesse limitée, nuisances urbaines et coûts de fonctionnement d’un tramway), avec les coûts d’investissement d’un VAL, sans combiner les principaux avantages des deux solutions (forte capacité et vitesse d’un VAL, restructuration urbaine d’un tramway).

> Si les études montrent qu’une infrastructure de métro est nécessaire dans la 5ème ville de France, il faudrait alors envisager la mise en œuvre d’un métro automatique (à l’instar des VAL de Rennes et de Toulouse) avec comme conséquences un report modal massif et la réduction des coûts de fonctionnement.

> Si ,au contraire, les flux de voyageurs estimés ne légitiment pas un VAL, alors il faudrait avoir le courage politique de mettre en œuvre la solution de TCSP en surface issue du consensus politique responsable établi en 2007, permettant une économie de plus de 300 millions € aux finances publiques dans ces temps de crise et de rigueur budgétaire.

Ce projet en l’état n’est pas finançable par les collectivités locales. Et la notice de présentation se garde bien de fournir la moindre hypothèse de fonctionnement. Ce projet risque de mener Nice à un endettement sans précédent. Et ce ne sont pas les montages financiers de type partenariat public privé (comme le stade) qui risquent de diminuer cet endettement ni d’alléger les impôts locaux

Un écologiste ne vote pas contre un tramway. Un élu local responsable ne peut admettre une telle perspective financière alliée à un projet non fonctionnel. Nous nous abstiendrons.

vendredi 30 septembre 2011

Un racisme ordinaire

Petit billet sur le vie d'une élue ordinaire dans une ville pas ordinaire. Ma semaine s'est conclue à la mairie par une séquence digne des "Tranches de vie" de Lauzier (clin d'oeil aux années 70).

Il y a dix jours une secrétaire au bord des larmes m'appelle au bureau pour me demander si j'accepterais de faire les mariages du vendredi 30 car aucun des conseillers contactés n'était disponible. Surprise, je donne mon accord et lui signale qu'étant dans l'opposition, il me fallait un arrêté du préfet autorisant le maire à me déléguer sa signature et que normalement deux à trois semaines de délai étaient nécessaires. En tant qu'élus d'opposition, nous ne célébrons en effet que les mariages pour lesquels les futurs mariés nous demandent comme officier d'état civil.

Aujourd'hui, après avoir obtenu confirmation, je viens un peu avant l'heure prendre connaissance de l'état civil des trois couples prévus pour prévoir un petit mot gentil.... Instant de franche rigolade intérieure quand on me raconte que la malheureuse secrétaire qui m'avait appelée en était à ses débuts, n'aurait pas dû me demander ... que cela ne se produirait plus (!!!) ... apparemment il y a eu quelques remous ...

Je dois célébrer les mariages de deux couples de jeunes tunisiens, puis celui d'un jeune français avec une jeune femme originaire de Taïwan.

Bref, je reviens à l'heure fixée et on m'accueille avec des mines consternées et des remarques exaspérées. Le premier mariage est en retard, "ils" ne sont pas encore venus se présenter, "ils" ne sont pas comme nous , "quand on voit certains patronymes on sait qu'ils seront en retard". Le retard s'accentuant,les remarques se font plus acerbes. Je finis par dire que depuis que je suis à la mairie, je n'ai vu aucune réunion ou cérémonie commencer à l'heure et que le maire nous a fait subir jusqu'à une heure de retard après nous avoir convoqués à 8h du matin pour le conseil municipal. Ambiance ....

Finalement le cortège du 2ème mariage étant au complet avant le 1er, nous inversons les cérémonies. J'ai eu le temps de discuter avec des parents en attendant et les dames me disent dans de grands rires qu'il y a un dire tunisien sur le temps qu'il faut à une mariée pour sortir de sa maison ce jour là.

Pour les deux cérémonies, salle comble, ambiance très gaie, mariées d'une grande beauté, aux mains décorées avec raffinement par les traditionnels motifs au henné, pleins de gosses, les youyous. C'est un vrai plaisir de dire quelques mots sur la Tunisie aujourd'hui et de faire la bise aux nouvelles épouses.

De retour au secrétariat j'ai encore droit aux commentaire sur le nombre considérable de mariages des "ils" par rapport aux "gens de chez nous" (80% parait-il), comme si cet état de fait pouvait être reproché à qui que ce soit. Avec les tracasseries administratives dont est l'objet toute personne d'origine immigrée - même à la seconde génération - je les comprends fort bien.

Heureusement je dois dire que l'accueil qui a été fait aux mariés et leurs témoins était tout à fait correct et aimable.

Il n'y a que moi qui a été témoin de l'état d'esprit consternant de certains de mes concitoyens, employés municipaux de surcroît. On frôle le racisme ordinaire. .. et dans quelques mois un tiers de mes concitoyens votera peut-être pour une certaine candidate. J'en ai froid dans le dos.






lundi 26 septembre 2011

Concertons, concertons, il en restera quelque chose

Ce vendredi 23 septembre, se tenait le premier "atelier" du "Groupe géographique Nice" sur le tracé de Marseille à Vintimille de la LGV (Ligne à Grande Vitesse)
Je poste ici un compte-rendu abrégé, "à chaud", d'une réunion qui a duré 4 heures et qui a été posté sur le blog du Collectif EELV Pays Niçois

J'ajouterais que cette concertation qui va durer jusqu'en décembre est très bien organisée et on y apprend beaucoup : la documentation est abondante et bien faite, les intervenants intéressants. A l'issue de ce premier atelier (il y en aura quatre) j'ai retiré l'impression que nos interventions étaient prises en compte ...mais pas d'illusion. Les réactions et commentaires des services de la communauté urbaine NCA (future métropole) laissaient entrevoir à quel point tout est déjà bien "plié"..... Mais les élections d'hier m'encouragent ... ce qu'un ministre - ou maire - fait un autre peut le défaire.

Parallèlement (et ce n'est pas une coïncidence), aujourd'hui se tenait au Parc Phenix, le "débat public" sur l'OIN. C'était inespèrément intéressant d'entendre les exposés des trois d'urbanistes qui avaient rendu les "études de définition" du (ré)aménagement de la basse vallée du Var. Mais là, la farce est énorme : je suis "acceptée" à un atelier qui ne fonctionnera qu'une fois, demain, et on voudrait nous faire croire que nos avis auraient un poids quelconque sur une opération de cette envergure ....

Donc : Compte rendu très personnel de la réunion de Groupe géographique NICE-LGV :

Très surprise par la faible participation : 3 personnels des services de la communauté urbaine, 2 représentants du GIR maralpin, 1 représentante du GADSECA, 1 représentante de Fare Sud, 2 représentants d’une association du rail + 2 autres personnes dont je n’ai pas saisi l’appartenance. J’étais la seule élue.

Première partie consacrée à une re-présentation des 4 scénarios en discussion.

Il faut rappeler que ces scénarios découlent de la décision – suite au Débat Public de 2005 – de bâtir une ligne « métropoles du Sud » plutôt que la ligne TGV direct Nice Paris qui avait été proposée initialement.

Le projet, quel que soit le scénario, a un double but :

  • la modernisation des TER, aboutissant à une accélération du cadencement (jusqu’à 8 TER/heure en pointe entre Cannes et Monaco en 2040)
  • la création d’une nouvelle voie permettant la triple circulation des trains rapides directs, des omnibus et du fret

Les objectifs communs des 4 scénarios sont :

  • Nice-Paris en 4h
  • Création d’un réseau maillé
  • Desserte des villes
  • Choix du projet le meilleur du point de vue environnemental
  • Limitation des coûts

Les documents et exposés mettent constamment l’accent sur la nécessité d’une gare multimodale desservant l’aéroport et l’OIN à St Augustin. Cette gare est présentée comme devant «soulager» l’aéroport du trafic lignes intérieures, pour permettre le développement des lignes grandes distances. Elle cumulera gare TGV, gare routière, gare de 2 lignes de tramway et les inévitables parkings et exige bien sûr le déménagement du MIN et du tri postal.

C’est sur cette vision utopique, niant toute la crise énergétique, que je suis intervenue et à l’Acropolis et durant l’atelier … mais à part le GIR … peu de supporters. Il faudra travailler cette question avec le groupe OIN.

Les questions et commentaires des participants ont fait ressortir la nécessité d’approfondir plusieurs points. Nous avons donc fait inscrire (en plus du programme prévu) les points suivants pour le prochain atelier :

  • Le raccordement Chemins de fer de Provence- SNCF- transports OIN
  • Etude fine du rapport vitesse / coût (gagner 10 min sur Paris-Nice a-t-il un sens ?)
  • Prévoir une mise en commun et une discussion avec les autres groupes à la mi-parcours
  • Présentation des études hydrogéologiques et intervention de sismologues pour mieux comprendre la pertinence/faisabilité des ouvrages d’art : profondeur des tunnels, viaducs etc…

Une énorme documentation sur les «fuseaux» (en gros l’emprise dans laquelle sera créé le parcours définitif) des 4 parcours et sur les études environnementales nous a été distribuée à étudier avant le prochain atelier. Le prochain atelier est fixé au 7 octobre, jour du conseil municipal … dont je m’absenterai donc l’après midi sauf problème vraiment sérieux.

J’ajouterai que la nécessité du groupe thématique «Gares» réclamée par le GIR est devenue une évidence. J’en ferai partie. Nous n’avons pas encore le calendrier de réunions car il manque des «spécialistes» extérieurs.

mardi 13 septembre 2011

L'eau n'a pas de prix

J'ai évoqué en juillet ce que coutaient au contribuable niçois les "femmes en Or" pour lesquelles le service du protocole nous inonde d'invitations : 400 000€

Dans la série évènements people bling-bling payés par vos impôts, voici la dernière. Je passe tous les jours lorsque je rentre dans la mairie devant une imposante banderole annonçant les "Extreme Sailing Series" pour fin septembre.

450 000€ du contribuable financeront le droit pour la Ville de Nice à organiser une régate de 12 (au maximum) catamarans de 40m, au large de la baie des Anges, durant 3 jours..Comme le nom l'indique ces régates se jouent avec des prises de risques parait-il importantes. Les équipages sont des professionnels, car nous ne sommes pas dans le sport amateur à ce prix là. Je n'en avais jamais entendu parler, mais il parait que c'est une chance pour la (renommée de) ville de Nice de pouvoir organiser l'étape française de cette épreuve.... air connu.

La clause la plus dispendieuse est de la pure communication (droits de "naming" chiffrés à 220 000 €) et la prestation la plus ridicule est l'admission d'un "cinquième homme" dans chaque voilier en course (en tout 24 heureux bénéficiaires pour environ 7000 €).

Je me trouvais ce week end dans un petit village du moyen pays où une qualité de vie exceptionnelle conjugue beauté du site et chaleur humaine. Si bien que malgré l'éloignement de la ville, la carence des transports publics et l'âpreté des hivers, le village et ses hameaux restent bien vivants. Un sujet de débats récurrents ces derniers temps a été la décision de ne pas réaliser l'adduction en eau potable d'un des hameaux ... à cause du coût : près de 500 000€. "Une fortune" m'ont-ils dit, l'air soucieux. Pour l'instant le hameau ne compte que 3 unités d'habitation. Mais l'eau aurait permis à la jeune femme qui élève un superbe troupeau de chèvres et de brebis brigasques, de continuer à produire ses savoureux fromages labellisés et bio. En effet les sources locales ne fournissent plus assez d'eau pour que la fromagerie décroche les certifications sanitaires. Pas de fromagerie signifie pas d'extension de l'activité, pas de possibilité de prendre les apprentis de la filière du lycée de Digne, pas de recrutement à terme. C'est une condamnation à la mort lente.

Mais voilà, 500 000€ c'est une fortune pour un village du moyen pays. J'ai évoqué alors "l'unité 400 000€" (et même beaucoup plus) que je vois défiler à la commission d'appel d'offre pour les femmes en or, les cinquième hommes, le site des abattoirs, sans parler des illuminations de Noël qui dépasseront le million d'euros.. Et il était clair pour ces habitants qu'il n'y a aucune justice sociale dans ces choix lorsqu'on pense au sous équipement de tous ces villages du moyen et haut pays . Et, ce n'est pas l'omnipotente métropole d'azur que l'on nous impose, qui redonnera à leurs habitants le droit de réaliser les équipements élémentaires, indispensables à leur vie quotidienne.

dimanche 11 septembre 2011

11 septembre ... nostalgie


Aujourd'hui, et c'est normal, presse, télé, réseaux, listes de discussion . .. tous ont longuement évoqué LE 11 septembre 2001.

11 septembre, nine eleven ..quelle ironie sinistre d'avoir choisi ce jour pour un attentat où tout était symbole :
La date : 9/11 : le numéro d'appel des secours de police qui furent totalement désorganisés pendant des heures
Les cibles : Les twin towers : orgueilleux symbole de la domination des marchés financiers, de la puissance tout court des USA; le Pentagone, littéralement le siège de la toute puissance militaire mondiale; la Maison Blanche, évitée de justesse grâce au sacrifice de certains passagers (version officielle)
Les outils: Boeing, American Airlines et United Airlines : une trilogie de l'empire aéronautique américain

Bref, on voulait frapper fort dans les esprits du monde entier. Le résultat a peut être dépassé les espérances des initiateurs. Et justement, dix ans après, la question resurgit avec insistance : qui étaient vraiment ces virtuoses terroristes au delà de leur icône Ben Laden ?

il est évident que l'utilisation de charges d'explosifs placées avec une extrême précision dans les 3 tours ne peut être réfutée, c'est la seule explication valable de la cinétique d'effondrement visible sur des centaines de vidéo. C'est la technique utilisée pour démolir les tours vétustes de nos banlieues. Qui a pu poser ces charges sans être inquiété? Je ne crois pas aux théories de complots variées, mais "on" ne nous a pas tout dit et le rôle de la CIA et d'une certaine droite américaine est pour le moins glauquissime.

Je me souviens de notre consternation quand le membre illuminé d'une secte, qui tenait lieu de président aux Etats Unis, déclara au monde que commençait la lutte du Bien contre le Mal. C'est comme si la 3ème guerre mondiale était déclarée et d'une certaine façon elle l'a été : guerre en Afghanistan, guerre en Irak, des milliers de morts civils, des attentats à Londres, Madrid, Ryad, Alger et une guerre économique qui crée des milliers de migrants et affame des populations entières.

J'ai partagé sur ma page FB la réflexion d'Eva Joly sur le 11 septembre. Son analyse embrassant et reliant les politiques d'il y a dix ans et les conséquences macroéconomiques et sociales est très juste.

On a beaucoup moins parlé d'un autre 11 septembre que nous avions suivi à l'époque à la radio avec une émotion immense : le 11 septembre 1973, où l'armée du sinistre Pinochet renversa le gouvernement chilien et accula au suicide Salvador Allende. J'ai réentendu aujourd'hui son discours d'adieu magnifique grâce aux videos postées sur facebook.... et j'ai pris un coup de vieux. Tous les jeunes assistants que je côtoie à la mairie, les militants d'EELV, sont nés après cette époque. Ils imaginent difficilement l'espoir suscité par la politique d'Allende, entre autre l'abrogation du latifundisme, dans une Amérique latine majoritairement aux mains de dictatures fascisantes. Or l'histoire établit de terribles rapprochements. Le soulèvement militaire fut savamment préparé par des grèves dures des camionneurs, financées par la CIA. Ces grèves achevèrent de paralyser une économie dépendante des cours du cuivre qui s'étaient mystérieusement effondrés... amenant l'économie à une croissance négative. Ca ne vous dit rien?

... et dans notre bonne ville de Nice se tenaient aujourd'hui les rassemblements baptisés universités d'été de la droite extrême et de l'extrême droite. J'ai bien apprécié la banderole du Front de gauche sur la Tour Bellanda : Dégageons les.




samedi 20 août 2011

Etre opposante de gauche à Nice

Si vous relisez mon dernier post du 25 juillet je commentais le rapprochement irrésistible du maire de Nice avec les anciens peyratistes ...

Eh bien la suite l'a montré : le rapprochement était en marche et je n'ai été que très moyennement surprise de lire l'article de Nice Matin du 17 Août - qui m'a été faxé à Clermont Ferrand où je conjuguais stage de formation pour élus et Journées d'été d'Europe Ecologie les Verts.
J'ai par contre bondi en lisant certaines phrases de l'article faisant un savant et désobligeant amalgame entre cette distribution de faveurs (tous les anciens colistiers de Peyrat reçoivent des délégations, même son ancienne directrice de campagne) et le fait que j'ai accepté en mars 2008 de présider la Commission des Appels d'offres.

J'ai donc envoyé le communiqué suivant à Nice Matin en invoquant un légitime droit de réponse

"

Que le maire de Nice, Christian Estrosi, parvienne à neutraliser son opposition de droite et en particulier stoppe les recours menaçant ses grands projets, peu m’importe. Le rapprochement était visible depuis plusieurs conseils municipaux et je l’avais signalé.

Mais que l’on assimile ces distributions de délégations à un « rassemblement efficace » en y incluant la charge que j’ai acceptée en 2008 est tout à fait inapproprié voire tendancieux.

Ma ligne politique diverge radicalement de celle de Monsieur Estrosi et de son groupe. Je n’approuve entre autres ni les montages financiers des grands travaux, ni la politique tout sécuritaire ET anti immigrés.

La présidence de la Commission d’Appel d’Offres à été proposée à l’opposition dans le cadre d’un contrat moral qui permettait à des conseillers de gauche de siéger enfin au Conseil Communautaire.

J’ai accepté cette charge dans ce contexte et en demandant « une carte blanche pour des marchés respectueux de l’environnement ». Ce point a été tenu par les deux parties. Il ne s’agit en aucun cas d’une entente politique ni d’une prébende en ce qui me concerne.

Mari-Luz HERNANDEZ-NICAISE

Conseillère municipale Europe Ecologie-Les Verts, Groupe Changer d’Ere "