lundi 31 mai 2010

Le blocus de Gaza: une vengeance et un aveu d’impuissance

Je reprends ce blog sous le coup d’une indignation si forte qu’il faut que je la partage.
L’année écoulée a été malheureusement si riche en désastres et cataclysmes (Haïti en particulier) que nous nous sommes détournés du drame qui se déroule aux portes de l’Europe : le blocus de Gaza. Et voilà que l’abcès crève sous nos yeux avec cet acte de piraterie meurtrier commis non pas par des pêcheurs somaliens aux abois, mais par une nation qui s’est donné le droit de condamner un peuple à mourir lentement sous un blocus totalement arbitraire.
Or l’histoire nous a montré que si le blocus est une arme réellement inefficace en termes de reddition de « l’ennemi », il est malheureusement une arme très efficace en termes de paupérisation et de maltraitance des populations, surtout des plus fragiles, et ne peut que radicaliser les haines et le conflit.
Qu’avons-nous fait, nous Européens, depuis 2005 ? pas grand chose. Et pourtant je me souviens de Daniel Cohn-Bendit, le jour du meeting des élections européennes à Nice. Dany avait rêvé tout haut d’une Europe franchissant la Méditerranée et parvenant à réconcilier Palestine et Israël. Il m’avait touchée. Dommage que ces vœux en soient restés là.
La « flottille de la paix » était une réalisation remarquable par la diversité de ses acteurs : citoyens de Grèce, Suède, Turquie, Irlande, France, Italie, Algérie, Malaisie qui avaient unis leurs efforts pour affréter les bateaux et réunir du matériel très varié allant de kits pour écoliers à des maisons préfabriquées, du ciment etc… La guérilla a commencé il y a plus de deux semaines, Israël a essayé par tous les moyens, y compris le sabotage matériel d’un bateau, d’empêcher l’appareillage.
Ne pouvant pour l’instant que manifester mon indignation j’ai envoyé aujourd’hui ce court communiqué à la presse écrite … et comme je pense qu’il y a peu de chances qu’il ne paraisse intégralement je le reproduis ici :

Pour un arrêt immédiat du blocus de Gaza
A la suite de l’agression commise par l’armée israélienne contre la « Flotille de la Paix » les Verts expriment leur colère et assurent de leur soutien les membres du convoi et la population de Gaza.
Rien ne peut justifier cet assaut prémédité, commis dans des eaux internationales, par des commandos surentrainés, contre une expédition humanitaire, rendue urgente par un blocus barbare. Rappelons que les bateaux apportaient entre autre 100 maisons préfabriquées et 500 fauteuils roulants ainsi que du matériel médical, et que dans le convoi étaient présents, des députés européens.
Avec leur direction nationale les Verts 06 demandent que « la communauté internationale et l’Union Européenne interviennent immédiatement pour venir en aide à la flottille de la paix et faire cesser les crimes actuellement en cours.
Tout doit être mis en oeuvre pour que le blocus aérien, maritime et terrestre de ce petit territoire où vivent un million et demi de personnes et qui dure depuis plus de 5 ans, soit levé et que dans l’immédiat les bateaux chargés de nourriture, matériel médical, ciment etc., soient protégés. »


Pour les Verts des Alpes Maritime
Mari-Luz HERNANDEZ-NICAISE, Porte Parole Verts 06

mardi 9 février 2010

Adieu Guy!


La semaine dernière, un compagnon de lutte(s), Guy MARIMOT, nous a quitté. Sa fin a été très soudaine. Je lui avais longuement parlé en fin de matinée, joyeusement, car nous célébrions l'attribution de la 5ème place sur la liste des régionales, d'un militant exemplaire de l'agriculture biologique. Le soir sa voix s'était tue. Lors de ses obsèques j'ai prononcé pour les Verts une petite allocution que je retranscris :



"Guy tu n’aurait jamais dû partir comme ça. Juste maintenant que tout recommence. Pour moi c’était une force de la nature, là dans son fauteuil et il pouvait être impressionnant et séducteur, mariant avec un art consommé au fil de la conversation une géniale convivialité et des coups de gueule qui portaient. Parler avec lui, les bons jours, était un régal car il partageait volontiers son immense culture politique, et sa vivacité intellectuelle, son avidité de nouveaux savoirs amenait toujours à progresser. Dois je résumer son cheminement politique ? Il est tellement foisonnant que ce sera forcément incomplet. C’est le fil conducteur qui importe ici. Le fil qui a amené un militant de gauche, capable de traduire dans sa vie ses engagements par dix ans d’enseignement en Asie du Sud Est, jusqu'à la fondation du parti les Verts en 1984. Comme pour tous les vieux militants de ce jeune parti , l’aventure a commencé dans les luttes locales contre les centrales nucléaires, les pollutions des côtes, au sein d’associations comme les Amis de la terre et s’est cristallisée de façon intermittente autour des candidatures de René Dumont puis de Brice Lalonde. Les différentes tendances existantes décident de fusionner lors du congrès fondateur de Clichy en 1984. Parmi les membres fondateurs vous connaissez Yves Cochet, Didier Anger, Ghislain Nicaise et bien sûr Guy Marimot qui sera successivement porteparole national, et secrétaire national en 89, et secrétaire régional PACA. J’aime rappeler aujourd’hui que les élections européennes de 1984 sont conduites par une liste qui s’intitule « Les Verts Europe Ecologie ». Et que c’est la première élection après laquelle le parti se pérennise. Espérons que c’est de bonne augure. Les Verts ont beaucoup évolué depuis la création. Une étape décisive a été de renoncer à une fausse neutralité. J’ai eu longtemps à la maison une affiche de Brice, dessiné par lui même et qui proclamait : « de gauche ne daigne, de droite ne puis, écologiste suis ». Cette posture du ni-ni a été abandonnée en 93 et le parti est devenu porteur d’un projet infiniment plus riche en s’inscrivant dans le camp de la transformation écologique et sociale. Guy a accompagné toutes ces évolutions avec un enthousiasme et une pertinence jamais démentis. Je ne l’ai personnellement accompagné qu’à partir de 1995, lors de son premier mandat de conseiller municipal. Quand ma retraite m’a permis de consacrer du temps aux Verts c’est lui qui m’a demandé de me lancer dans l’aventure des municipales de 2001. Je peux donc témoigner de son intense activité et bien sur le remercier car cette aventure municipale s’est révélée incroyablement enrichissante. Pendant tout ce premier mandat il a réussi à faire parvenir des compte-rendu de mandat à plus de mille électeurs. Son intervention a été déterminante dans le choix du tramway et surtout du tramway sur rail lors de son premier mandat. Lorsque nous nous sommes retrouvés 3 conseillers Verts en mars 2001, le rôle de mentor de Guy nous a été d’un grand secours. Nos propositions, interventions ont pris beaucoup plus de force même si sous Peyrat l’opposition était réduite à de la figuration. Guy a mené ce dernier mandat jusqu’au bout malgré de sérieux problèmes de santé qu’il a subis dans la discrétion et sans cesser de militer. Je tiens à souligner qu’à côté de la défense de l’environnement, de la démocratie participative, de la lutte contre les corruptions, il militait sans cesse pour une gouvernance qui prenne pleinement et concrètement en compte les situations de handicap. J’entends encore une intervention où il nous a expliqué magistralement que le handicap n’existait dans une ville que si nous le faisons exister, que par des mesures simples on pouvait adapter la ville si bien que le handicap s’effaçait . Même le maire eut l’œil humide… mais ne fit rien. Je dois remercier Guy de m’avoir ouvert les yeux sur toute cette partie de la politique sociale que nous devons mener, nous les Verts, de façon exemplaire. Ses enseignements me servent constamment pendant ce mandat, et ils ont porté aussi sur beaucoup d’autres personnes. Ne souhaitant pas participer à une liste d’union PS.Verts, Guy n’a pas renouvelé son mandat de Conseiller municipal. Mais militant dans l’âme il s’est ré-engagé doublement. Il siégeait actuellement au titre des associations de défense de l’environnement, en tant que fondateur de Vert l’Avenir, au Conseil communal consultatif où il animait avec talent et conviction la commission du développement durable. Lundi soir, deux heures avant sa fin, il avait tenu à téléphoner au directeur général pour s’excuser de son absence. Parallèlement il s’était investi avec passion dans la construction de la deuxième version d’Europe Ecologie. Il était profondément convaincu de l’urgence et de l’importance du rassemblement des écologistes d’horizons divers, et de la nécessité d’une écologie politique autonome face aux partis traditionnels. Il a été l’un des artisans du succès de juin 2009. Espérons que l’histoire – qui se répète ici – lui donnera raison. Je terminerai en reprenant les termes de Pitou: «On croit toujours qu'on a le temps... Que demain on dira "merci". Nous ne lui avons pas assez dit merci. A Murielle qui a toujours partagé le même engagement nous disons aujourd'hui merci. Merci Murielle et reprenons le flambeau tous ensemble."

vendredi 22 janvier 2010

Plaidoyer pour nos arbres

A pied ou en tram , à chaque passage, le saccage est là sous nos yeux : la moitié des pins (14), qui commençaient à ombrager les bancs de la Place Masséna, ont été arrachés et 8 des coûteux lampadaires à l’ancienne supprimés.

Tout ça pour augmenter dans des proportions mégalomanes les places assises des tribunes du carnaval : 28 gradins !! 6202 places !! Dans le temps Carnaval n’avait pas besoin de toutes ces places assises. Mes enfants y allaient avec un masque, un faux nez, un maquillage carnavalesque et ils s’amusaient le long du parcours des chars. Toutes ces tribunes s’adressent essentiellement au « carnaval business » des tour operators et c’est pour les satisfaire qu’est organisé ce massacre de la place emblématique de la ville.

Et ne me demandez pas combien a coûté cette sinistre plaisanterie – car déplanter des arbres a un prix, et supprimer des lampadaires anciens aussi. Je n’ai vu aucun marché de la ville à ce sujet. L’office du tourisme ? la communauté urbaine ? peu importe ce sont vos impôts qui financeront.

Or il a fallu 10,5 millions d’euros de vos impôts pour aménager la partie sud de la place, des mois d’un chantier infernal. Quand nous (l’opposition, n’est ce pas) avons découvert cet espace minéral gris noir entièrement pavé de basalte (chinois de surcroit, c’est la notion locale de développement durable) nous avons protesté et obtenu des arbres. Les pins furent choisis, ce qui n’était pas le plus judicieux peut être car leurs racines très puissantes risquent à terme de malmener le revêtement. Ils avaient bien grandi en deux ans et leur ombre atténuait la fournaise dégagée par le revêtement sombre, vrai four solaire. Ils donnaient un petit air méditerranéen à cet espace vide et austère.

Le journal local s’est voulu rassurant : ils ne sont qu’arrachés, pas tronçonnés hein …et on vous le dit, ils seront gentiment rempotés dans les pépinières de la ville. … sauf qu’ils ne reviendront plus sur la place accorder une ombre légère ô combien nécessaire à la belle saison.

Est-ce le commencement de la fameuse « coulée verte » qui pour seulement 40 millions nous transformera la couverture du Paillon en une longue esplanade pour fêtes et congrès ? Et attention ! une coulée où, je cite : « l’espace festif (ne sera) pas jonché d’obstacles ». Les pins en étaient un, apparemment.

Le jardin Thiole aussi devait être une coulée verte. Certes la couleur y est, mais c’est celle d’un gazon artificiel en plastique qui bien sûr ne salit pas les petits enfants, maintenant … mais on imagine dans quelques années l’insalubrité de ce revêtement – en fait une moquette d’extérieur -accumulant poussières, pollutions de toutes sortes, qui finira par se dégrader en produisant des déchets difficilement recyclables. Et puis, disons le clairement il est MOCHE !!! Comme si un tapis brosse en plastique pouvait dans un espace vert remplacer l’herbe, son toucher, son odeur, et respirer comme elle et consommer le CO2. Comme réaménagement d’une ville, future vitrine du développement durable, c’est vraiment très fort.

Et dans ce même jardin, pendant les vacances de Noel, ni vu ni connu, les tronçonneuses ont fait disparaître un myrte splendide, vieux de 200 ans. Il est peu compréhensible qu’un tel spécimen n’ai pas été classé. On va nous répondre que l’arbre menaçait ruine et nous demanderons des preuves car cette essence ne pourrit pas. Mais le myrte ne reviendra pas.

L’attitude de la municipalité vis à vis de notre capital végétal urbain est inquiétante. On ne peut considérer l’environnement végétal urbain comme un simple décor jetable, remplaçable par du plastique et devant céder la place à des équipements rentables. Du brin d’herbe à l’arbre centenaire, du petit recul jardiné aux grands parcs, tout concourt à maintenir la biodiversité dans la ville en hébergeant une faune variée et à assainir une atmosphère à la qualité souvent médiocre.

Et petit rappel pour conclure : le carnaval 2010 a pour thème le développement durable.

lundi 18 janvier 2010

Ruban bleu pour élue verte

Eh bien il est temps de ré-animer ce blog.
D’autant plus qu’un vrai challenge attend Europe Ecologie et les Verts et qu’il faudra vous dire ce que les média tairont.
En attendant, une péripétie de là vie politique niçoise m’a directement concernée. Chrisitan Estrosi m’a remis ce matin l’insigne de Chevalière de l’Ordre National du Mérite. Je ne suis pas particulièrement friande de ce type de « distinction » surtout dans ma position … et j’ai accepté au nom de mes parents, réfugiés politiques de la guerre civile espagnole. Car j’ai de bonnes raisons de penser au vue de l’actualité française et niçoise, que s’ils demandaient asile aujourd’hui, ils auraient de grandes chances d’être reconduits à la frontière et remis aux franquistes.
Voici donc ce que j’ai répondu au maire, en réponse à un éloge franchement dithyrambique … que la circonstance n’imposait pas forcément.
« M. le maire vous avez retracé le comment de mon parcours permettez moi de garder un peu la parole et de vous expliquer un peu le pourquoi.
M. le Maire, je vous l’avais dit lorsque vous m’avez annoncé cette distinction, je ne l’ai pas acceptée pour moi-même mais essentiellement au nom de mes parents, pour lesquels cette année aurait marqué un anniversaire important et pour qui cette distinction aurait été l’aboutissement d’un long parcours.
Il y a 70 ans, mes parents, avec des milliers de leurs compatriotes, se repliant devant l’avancée des troupes franquistes, passaient la frontière espagnole et entraient en France. Ils étaient devenus des exilés, sans toit, sans maitrise de la langue française et renonçaient à tous leurs projets personnels, politiques et professionnels en Espagne au nom de leur combat pour une société de liberté et de justice.
La France les accueillit mais du bout des lèvres… pour beaucoup dans des camps de « regroupement » sur des grèves du Roussillon battues par les embruns et les vents de l’hiver 1939. Un grand nombre d’entre eux fut ensuite reconduit en Espagne franquiste, certains furent dirigés par un gouvernement indigne vers d’autres camps en Allemagne. Grâce à des solidarités multiples mes parents restèrent en France, trouvant malgré les persécutions du gouvernement de Vichy, l’énergie de fonder un foyer et de continuer leur combat dans la résistance avec un groupe de réfugiés espagnols. J’ai personnellement vu les ruines de l’usine que mon père avait saboté sur les ordres de Londres pour empêcher des composants d’explosifs de partir pour l’Allemagne.
Force est de constater que nous n’avons pas beaucoup progressé. Il y a une semaine j’étais avec un groupe de 50 réfugiés politiques de différents pays d’Afrique qui n’avaient ni toit pour s’abriter, ni aide effective de la part des autorités locales malgré des assurances verbales, réduits à un dénuement spectaculaire.
C’est pourquoi je dois dire que je viens de suivre avec un réel malaise pour ne pas dire plus les débats actuels sur la notion d’identité.
Je connais mes origines, elles font partie de moi mais elles ne me définissent pas. J’ai la nationalité française, acquise par naturalisation- quel drôle de mot n’est ce pas - , le même que pour empailler un animal, que je revendique avec fierté, elle ne me définit pas davantage. On est ce qu’on est devenu, ce qu’on a construit au fil des ans, une somme et on ne peut la réduire à une théorique et dangereuse notion d’ identité ; aujourd’hui devant les élus de la République, devant mes amis de militance, il me semble important de redire que ce qui importe vraiment c’est de se reconnaitre dans un projet de société basé sur les valeurs fondamentales énoncées dans les droits de l’homme et dans notre constitution. Et certainement pas de se perdre dans des discriminations et une posture protectionniste fut-elle à l’échelle de l’Europe.
Et justement ce que je suis devenue je le dois à mes parents bien sûr qui m’ont transmis leur ardeur à défendre les valeurs essentielles de justice, de vérité, de liberté, d’entr’aide, de travail bien fait.
Mais je le dois aussi à toute une chaine de « bonnes personnes » qui ont jalonné toutes ces années et qui étaient les citoyens d’une société que nous devons protéger.
Merci avant tout à mes institutrices, toutes admirables de conviction et de dévouement devant ces petites filles de toute l’Europe qui leur arrivaient avec la guerre : polonaises, italiennes, espagnoles. Ce sont mes institutrices de maternelle qui m’ont appris le français, c’est mon institutrice de cm2 qui vint chez nous un soir et sut trouver les mots pour convaincre mes parents de m’envoyer au lycée et m’accompagna pendant des mois, pour m‘aider dans ce monde étrange que je déchiffrais difficilement. Je serai toujours un ardent défenseur de l’école laïque française, creuset des générations successives qui font, qui sont notre société, avec la richesse de leur variété
Et puis il y a eu mon « patron » de fac, Max Pavans de Ceccatty, jeune professeur enthousiaste qui me transmit sa passion pour la recherche et l’enseignement, et me proposa mon premier poste d’enseignant chercheur. Faire confiance à cette étudiante au patronyme étranger, à Lyon, il y a 50 ans n’était pas une évidence. Merci aussi ici à Nice, aux grands scientifiques, que sont François Cuzin, présent dans cette salle et Michel Ladzunski, qui permirent notre installation à l’Université de Nice il y a 25 ans.
Et enfin il y a eu depuis plus de 40 ans LA bonne personne, mon époux, Ghislain Nicaise. Nous avons travaillé ensemble pendant toute notre carrière, milité de concert, élevé nos enfants, choyé nos petits enfants. Membre fondateur des Verts, chercheur infatigable, plume alerte et jardinier émérite, il m’a généreusement aidé à saccager un peu notre retraite pour écrire le chapitre de l'histoire familiale « mari-luz fait de la politique ».
Ce qui me ramène à ce lieu et à mes charges actuelles dont je voudrais dire un mot.
Comme je l’avais dit à un journaliste récemment, je ne suis pas que la petite dame des marchés, ni le St Just des turpitudes locales. Je suis une militante de l’écologie politique. Et ce sont autant mon background politique que mes activités professionnelles qui m’ont irrésistiblement amenée à un engagement politique fort et concret . Longtemps avant que tout édile se sente obligé des signer des pactes et des chartes de vertitude, les signes étaient là. Dès les années 70, en accompagnant mes étudiants dans des sorties d’étude de la faune, dans la campagne lyonnaise ou dans la rade de Villefranche, on pouvait constater que la faune s’appauvrissait inexorablement, que les eaux se dégradaient. Le verre d’eau de Dumont et la construction des centrales de Bugey et Malville furent les détonateurs d’une prise de conscience qui malheureusement et heureusement à la fois est maintenant universelle.
Cela peut paraitre paradoxal mais gérer la passation des marchés de la ville m’a permis et j’en remercie Monsieur le Maire, de participer activement à la mise en oeuvre d’une transition vers une gouvernance écologique. Désormais à Nice et à la communauté urbaine, toute attribution de marché de notation prend en compte des critères environnementaux et sociaux.
Ce qui me réjouit le plus c’est que la bonne volonté des services les a amenés pour la plupart en moins de 18 mois à surmonter une très classique résistance au changement et à réellement adopter de nouvelles pratiques. Je tiens à les associer aujourd’hui à cette cérémonie car la présidente de la CAO les a parfois bien secoués.
Ne nous trompons pas, aucun effet d’annonce venu d’en haut ne pourra verdir notre consommation, il faut une adhésion de toutes et tous, à un projet commun et les premiers résultats sont là.
Aujourd’hui, à Nice, les cantines scolaires ont davantage de repas et d’articles bio, les espaces publics ne sont plus arrosés de pesticides, les normes de construction évoluent spectaculairement pour les bâtiments publics, une certaine sobriété dans la consommation énergétique et dans la consommation tout court : papier, vêtements, véhicules …. se met en place. Mais si nous ne faisons que celà, nous en resterons à un stade cosmétique. Une ville verte c’est autre chose. Nous avons encore beaucoup à faire en particulier sur les grands projets structurants et il y a aussi les citoyens à convaincre mais surtout à faire participer.
Comptez sur moi ….
Je terminerai en vous lisant une partie d’un texte joyeusement explosif que nous a offert une auteure française, Fred Vargas

Nous y sommes !

Nous y voilà, nous y sommes. (…)
Nous avons chanté, dansé.
Quand je dis « nous », entendons un quart de l'humanité tandis que le reste était à la peine.
Nous avons construit la vie meilleure, nous avons jeté nos pesticides à l'eau, nos fumées dans l'air, nous avons conduit trois voitures, nous avons vidé les mines, nous avons mangé des fraises du bout monde, nous avons voyagé en tous sens, nous avons éclairé les nuits, nous avons chaussé des tennis qui clignotent quand on marche, nous avons grossi, nous avons mouillé le désert, acidifié la pluie, créé des clones .
Franchement on peut dire qu'on s'est bien amusés.
On a réussi des trucs carrément épatants, très difficiles, comme faire fondre la banquise, glisser des bestioles génétiquement modifiées sous la terre, déplacer le Gulf Stream, détruire un tiers des espèces vivantes, faire péter l'atome, enfoncer des déchets radioactifs dans le sol, ni vu ni connu.

Franchement on s'est marrés.
Franchement on a bien profité.
Certes.
Mais nous y sommes.
A la Troisième Révolution.
Qui a ceci de très différent des deux premières (la Révolution néolithique et la Révolution industrielle, pour mémoire) ....qu'on ne l'a pas choisie.
« On est obligés de la faire, la Troisième Révolution ? » (…)
Oui.
On n'a pas le choix, (…)
C'est la mère Nature qui l'a décidé (…)
La mère Nature, épuisée, souillée, exsangue, nous ferme les robinets.
De pétrole, de gaz, d'uranium, d'air, d'eau.Son ultimatum est clair et sans pitié :
Sauvez-moi, ou crevez avec moi (…)
Evidemment, dit comme ça, on comprend qu'on n'a pas le choix. (…)
Il y a du boulot, plus que l'humanité n'en eut jamais.
Nettoyer le ciel,
laver l'eau,
décrasser la terre,
abandonner sa voiture,
figer le nucléaire,
ramasser les ours blancs,
éteindre en partant,
veiller à la paix,
contenir l'avidité,
trouver des fraises à côté de chez soi,
ne pas sortir la nuit pour les cueillir toutes, en laisser au voisin,
relancer la marine à voile, (…)
S'efforcer,
réfléchir, même.
Et, sans vouloir offenser avec un terme tombé en désuétude....être solidaire.
Avec le voisin, avec l'Europe, avec le monde.

dimanche 18 octobre 2009

Europe Ecologie Provence, femme en tête pour 2010 !



Aujourd’hui, à Carcès, s’est tenue l’assemblée régionale des Verts PACA.

La matinée très studieuse fut consacrée à une révision des statuts.

La suite était beaucoup plus « politique » a lancé la longue marche en avant des élections régionales.

Un premier vote a adopté à l’unanimité le principe d’une liste de rassemblement écologique « Europe Ecologie Provence ».

Il restait alors conformément au calendrier que nous nous sommes fixé, de désigner la « doublette de tête » de la future liste ce qui impliquait de choisir à la fois une femme et un homme, et un-e Vert-e et un-e canditate issu-e d’Europe Ecologie.

Hier le Comité d’Animation et de Pilotage d’Europe Ecologie avait désigné une femme comme tête de liste : Laurence Vischnievsky. Cette magistrate a été la collaboratrice d’Eva Joly dans l’affaire ELF, et a choisi de ne pas intervenir dans le procès de l’Erika pour être libre de participer à ces élections régionales.

Les Verts pouvaient donc valider cette candidature ou proposer une autre tête de liste.

Laurence Vischnievsky est venue se présenter et son propos d’une sincérité manifeste et d’une grande justesse politique a d’emblée placé les échanges à un haut niveau.

Je retranscris d’après des notes une partie de son allocution.

« Un magistrat est indépendant comme les Verts. Je souhaite garder mon autonomie et rassembler des écologistes de tout bord qui se sont battus sur des valeurs communes. Et dans cette perspective Europe Ecologie est la fenêtre qui me convient.

Avec mon passé professionnel (affaire Elf) je sais ce que c’est que de se battre, je sais ce que c’est de travailler des dossiers difficiles, je sais ce qu’est la presse, et je sais que le monde n’est pas rose (sourire..)

Pourquoi la région PACA ? parce que je ne peux me présenter dans le pays d’origine de mon père (Vladivostok), que j’ai des attaches fortes dans le Var où j’ai administré longtemps le domaine du parc du Rayol, parce qu’un magistrat ne peut s’engager politiquement là où il travaille et … parce qu’ainsi je ne suis dans aucune querelle interne régionale.

Il faut y aller, magistrate ET femme. Je propose de le faire tous ensemble et de proposer une autre façon de gérer la région. »

A une très large majorité (88%) les Verts PACA ont adopté la proposition du CAP d’Europe Ecologie. Puis désigné le 2ème de liste :

Jacques Olivier, maire du Thor (Vaucluse), Conseiller régional

Nous avons donc un duo de tête, très complémentaire, qui entrainera la liste complète, élaborée dans chaque département et élue lors d’un AG régionale le 19 Décembre.

A suivre donc ….

dimanche 11 octobre 2009

Les « quartiers » de Nice privés de tram ?


Le maire de Nice a tenu vendredi soir une grand’messe sur l’avenir du tram et annoncé un changement de cap considérable sur le trajet et la conception même du tramway.

Les Verts ont toujours défendu avec constance pendant les deux mandatures précédentes, la réalisation d’un réseau de lignes de tramway, sur rail, desservant un maximum d’usagers et permettant ainsi de diminuer les nuisances liées à une circulation automobile trop dense. L’examen du calendrier des travaux et des tracés annoncés m’a vraiment interpellée car ici on favorise une philosophie de desserte de sites privilégiés (stade, aéroport, port) plutôt que celle de quartiers excentrés et chroniquement mal desservis.

J’ai réagi en envoyant ce communiqué de presse. Sera-t-il cité .. ?

« Les Verts réagissent à la suite de la conférence de presse vendredi 9 octobre, du Maire de Nice, M. Christian Estrosi

Que le maire reconnaisse avoir fait un mauvais choix et ne s’obstine pas sur le « tracé promenade » pour la ligne 2 du tram est une excellente nouvelle et on ne peut que s’en réjouir.

Malheureusement pour les Verts les points négatifs semblent pour l’instant rédhibitoires et il s’agit - encore - d’une très belle opération de « comm »

- La ligne 1 ne sera prolongée que jusqu'à Pasteur dans un premier temps, l'Ariane et La Trinité attendront … 2020. Nous rappelons avec force l'obligation contractée par la communauté urbaine de réaliser la liaison avec l’Ariane et la Trinité, dite ligne 1bis et demandons sa mise en œuvre prioritaire.

La ligne 2 ne dessert ni les Moulins, ni le Centre Administratif, cherchez l'erreur.

Nous sommes devant une politique urbaine incohérente : on réaménage enfin l’habitat des quartiers périphériques à grands frais, mais on ne propose pas à leurs habitants des modes de transports confortables, économiques et peu polluants.

- La prolongation St Laurent-Cagnes n'est certainement pas la meilleure solution alors que des TER grande vitesse sont en projet. Mettre le tram en concurrence avec le train est une erreur lourde de conséquences en termes d’aménagement du territoire.

La traversée de Nice en tunnel, louable en soi, ne nous épargnera pas les chantiers délicats de transfert des réseaux gravitaires et filaires qui ont durement pénalisé la réalisation de la ligne 1. La ligne 2 est déjà chiffrée sur papier à 450 Millions € ... On peut craindre de substantiels dépassements. Elle risque de ne jamais voir le jour dans le contexte économique actuel. Quel taux d’augmentation des taxes locales les niçois sont-ils prêts à accepter ?

Enfin d’après le calendrier publié dans la presse locale, rien ne démarrera vraiment avant la mandature suivante. Seul le prolongement jusqu'à Pasteur sera fini avant 2014. Les promesses de dépolluer l’atmosphère de la ville en diminuant l’emprise de l’automobile, resteront des promesses électorales. »

Quelques commentaires pour faire le tour de la question.

Le report à 2020 de la ligne 1bis est une double erreur. Sociale d’abord. Le premier projet de réhabilitation de l’Ariane organisait le quartier autour de la ligne du tram et ce report lointain prive l’opération ANRU d’une partie de son sens. C’est aussi une erreur qui ne permet pas d’endiguer le traffic automobile en provenance de l’Est avec des parkings de dissuasion à la sortie Est de l’A8 et à la gare de la Trinité.

Je le dis dans le communiqué, le coût financier et humain du percement souterrain de la ligne 2 apparaît sérieusement sous estimé. Les délais encore plus. Le « coup d’envoi » serait donné en 2013 et la ligne livrée en 2016. Les services croient-ils au Père Noel ? Visiblement les études du sous sol ne sont pas faites et elles prennent du temps. Une fois l’avant projet et le chiffrage terminés, il faudra bien a minima une enquête publique type Bouchardeau dont personne ne peut préjuger du résultat. Puis il faudra passer les marchés et enfin réaliser la ligne …et les stations souterraines qui sont de véritables constructions en dur, pas de simples haltes comme pour les lignes aériennes.

A l’Ouest l’injustice des réalisations proposées est tout aussi criante. On fait l’impasse sur la masse de véhicules arrivant tous les matins au centre Administratif (CADAM), on ignore les habitants des Moulins qui travaillent forcément en dehors de leur quartier… mais on prévoit une ligne 3 qui desservira le stade de foot en 2015 … donc bien avant toute desserte de l’Ariane.

Pour résumer, nous sommes preneurs de la ligne 2 proposée, mais demandons que la ligne 1bis soit prioritairement réalisée en totalité et que le tracé à l’entrée Ouest soit réexaminé pour desservir un maximum d’usagers.

mercredi 7 octobre 2009

Tribune libre à Colette Febvre : Anna Politkovskaia, 3 ans déjà!






Aujourd’hui 7 Octobre, c’est le 3ème anniversaire de l’assassinat d’Anna Politkovskaia.

Amnesty International avait organisé samedi 3 une petite cérémonie à l’angle de la rue Gioffredo et de la place Masséna. La rue avait été symboliquement rebaptisée « rue Anna Politkovskaia ». Espace Vert offre une tribune libre à Colette Febvre, la secrétaire départementale d’AI, pour l’allocution qu’elle a prononcée à cette occasion.

« Anna Politkovskaia est l’incarnation de la liberté d’expression. Cette journaliste d’opposition, courageuse défenseure des droits humains, dénonçait régulièrement leurs violations en Tchétchénie et dans d’autres régions de la Fédération de Russie.
Elle avait obtenu de nombreuses récompenses pour sa couverture du conflit tchétchène et publié de nombreux articles sur les violences au sein de l’armée, la corruption de l’appareil d’État et les brutalités policières.
Elle a été abattue à Moscou le 7 octobre 2006, très certainement pour avoir dénoncé les atteintes aux droits humains.

Le procès des meurtriers a commencé en Novembre 2008. Un jury devait parvenir à une conclusion sur la participation au meurtre des frères Djabraïl et Ibraguim Makhmoudov, et de Sergueï Khadjikourbanov, un ancien policier (..).

19 février 2009 : Le verdict est tombé: acquittement de toutes les personnes accusées d'avoir pris part à ce crime. Le jury a déclaré n'avoir pas trouvé de preuve de la culpabilité des accusés dans les éléments fournis par l'enquête. Après le jugement, Anna Stavitskaïa, l'une des représentantes des enfants d'Anna Politkovskaïa, a opposé les faiblesses de l'enquête à la solidité de la défense des accusés. Le Procureur a annoncé que le bureau du Procureur général faisait appel de cette décision.

20 février 2009 : la Cour militaire du district de Moscou a renvoyé le dossier devant le comité d’enquête au bureau du Procureur général pour des investigations complémentaires.

25 juin 2009 : la Cour Suprême a annulé l’acquittement des 3 hommes accusés du meurtre et a ordonné la tenue d’un nouveau procès.

Il est important de continuer à faire campagne pour qu’une enquête complète et impartiale soit menée. Un procès sur la base des mêmes preuves que le premier ne serait pas suffisant. Les autorités russes doivent poursuivre l’enquête sur toutes les personnes impliquées.

Aujourd’hui, nous rendons hommage à Anna et demandons avec force qu’un nouveau procès permette enfin d’identifier toutes les personnes impliquées dans son meurtre odieux mais aussi pour exprimer notre solidarité et notre engagement auprès des défenseurs des droits humains russes »